5 mai 2012

Deux Ex : Human Revolution

Je sais, le jeu est sorti depuis des siècles, mais je ne pouvais pas manquer de parler de ce qui a été pour moi l'une meilleure surprise vidéo-ludique de ces dernières années.

Deus Ex : Human Revolution (ou Deus Ex 3) est un First Person Shooter intégrant de nombreux éléments d'infiltration et de jeux de rôles. Le jeu n'est pas très beau, mais il possède un style graphique unique qui lui est propre, ainsi qu'un design et d'une architecture superbe.

L'esprit dans la coquille

Pour replacer dans le contexte, Deus Ex : Human Revolution se déroule dans un univers cyberpunk, 25 ans avant le mythique Deus Ex premier du nom. Les humains commencent à maitriser les technologies d'augmentations mécaniques, et des sociétés comme Sarif Industries produisent et vendent des améliorations.

Malheureusement, ces technologies sont loin de faire l'unanimité, et les opposants sont nombreux : ces augmentations sont en effet rejetés par le corps humain à moins de consommer une substance couteuse : la neuropozyne. Certains détracteurs sont également opposés au remplacement des parties du corps pour des raisons étiques, ils ont peur que la transformation progressive des hommes en machines leur fassent perdre notre humanité. Enfin, les dernières craintes des opposants sont les dangers de modifier notre cerveau pour y insérer des éléments électroniques : les humains modifiés risquent d'être piratés ou manipulés contre leur volonté.

Ce débat (pour ou contre les augmentations) est vraiment le coeur du jeu. Vous incarnez Adam Jensen, un ancien SWAT reconverti en responsable de la sécurité pour Sarif Industries. Au cours d'une attaque sur un laboratoire, Adam est gravement blessé par des mercenaires augmentés, pour le garder en vie, l'entreprise remplace la quasi totalité de son corps par des implants. 6 mois plus tard, Adam est de nouveau sur pied, il reprend son travail, mais compte également découvrir qui est responsable de cette attaque.

Un jeu à la hauteur de son ancêtre

C'est pour moi la bonne surprise du jeu, il y a une réelle profondeur et on a laissé au joueur le soin de se faire son propre avis sur les augmentations. Il n'y a pas de super méchant et on se demande souvent si on est dans le bon camp. Même après la fin du jeu, je n'ai pas un avis bien tranché sur la question.

Pour contribuer à une si bonne ambiance, nous avons la deuxième bonne surprise du jeu : les dialogues ! Ils sont très intéressants, et la aussi les choix proposés sont difficiles, il n'y a pas de "réponse gentille / réponse méchante", et on a même parfois le droit à de vrais débats moraux avec certains personnages. Il est possible de "gagner" les dialogues et de convaincre votre interlocuteur et ainsi éviter de devoir utiliser des moyens alternatifs.

Le jeu alterne des phases d'action, avec des phases "villes" que j'ai adoré. Dans ces villes, vous aurez une certaines liberté de mouvement, et vous pourrez en profiter pour vous balader, vendre/acheter des objets, ou accomplir des missions secondaires souvent très agréables et bien variées. Vous promener dans ces villes permet également de rester dans l'ambiance, et d'en apprendre plus sur l'univers, en voyant un peu ce que les citoyens pensent, ou comment se comportent les forces de l'ordre...

Il est libre Adam

L'histoire générale est linéaire, mais chaque phase du jeu peut être résolue de nombreuses façons. Il n'y a jamais une solution unique, et il est possible de finir le jeu sans se faire repérer une seule fois, ou presque... En tout cas quel que soit votre façon de jouer, vous pourrez avancer dans le jeu, certains passages sont plus facile de certains façons, mais que vous choisissez de jouer façon bourrin, pirate ou ninja vous pourrez toujours vous en sortir.

Ou presque, car le principal défaut de ce jeu, et le plus horripilant, ce sont les boss ! Des gros combats bien bourrins contre des personnages quasi indestructibles. Ils cassent vraiment l'ambiance du jeu, et obligent le joueur à utiliser des armes, alors que le reste du jeu permet de s'en passer, c'est vraiment un ratage complet à ce niveau là, heureusement ils sont peu nombreux !

En tout cas, c'est vraiment l'un des seuls défauts du jeu, car les autres phases d'action sont vraiment réussies. Les armes ont un bon feeling, et les phases de shoot sont très agréables, on tue vite, mais on peut mourir tout aussi vite, les combats demandent donc un minimum de subtilité. Si vous préférez la jouer discret, il est possible d'éviter les gardes, ou de les rendre inconscients sans les tuer. La encore c'est très plaisant, et on a le droit à un bon stress. Vous pouvez également prendre le contrôle des ordinateurs grâce à un mini jeu simulant le piratage.

Conclusion

J'ai vraiment adoré ce jeu, je n'en attendais pas grand chose mais j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir pendant la vingtaine d'heures qu'il m'a occupé. Le gameplay est agréable, et l'univers et l'ambiance compensent largement les quelques défauts du jeu pour moi. Et dernier point : j'ai adoré la musique !

Le jeu vient de passer à 30€ sur steam, à ce prix là ça vaut le coup ! Mais je sais que tout le monde n'a pas accroché autant, alors dans le doute, attendez une promo :)

DLC : The missing link

Il existe également un DLC, appelé "The missing link". Je l'ai malheureusement trouvé assez moyen, voire assez raté. L'aventure n'est pas spécialement liée à l'histoire de base, et je ne m'y suis pas senti très impliqué. De plus, le jeu nous force à faire des allers-retours plusieurs fois dans le même niveau, c'est vraiment horripilant, et ça rend le jeu excessivement difficile, voir impossible à finir en mode furtif. Ducoup j'ai fini par tuer tous les soldats que je croisais :/

Pour achever le tout, on vous oblige à faire un choix moral du niveau de "tu préfères des dents en bois ou une jambe en mousse ?", et tout ça pour moins de 3 heures et demies. Heureusement, il n'y avait pas de boss insupportable à tuer, les combats proposés sont plutôt sympa. A acheter uniquement pour passer quelques heures de plus sur le jeu, mais n'attendez rien d'extraordinaire, c'est loin de l'original, surtout si comme moi vous avez adoré les villes.

Laisser un commentaire