6 novembre 2015

Undertale

J'étais à deux doigts de complètement passer à coté de ce jeu. Les captures d'écrans ne sont pas très alléchantes et, de loin, Undertale ressemble à n'importe quel RPG indépendant à l'ancienne. Mais en voyant les notes obtenus par ce titre, et notamment un 10/10 de Jim Sterling (Dieu, merci pour lui), je me suis senti obligé d'aller vérifier ça par moi même, et je ne peux qu'être d'accord avec cette note.

Avant de jouer, j'ai lu plusieurs reviews qui refusaient de dévoiler quoi que ce soit sur le jeu pour ne pas gâcher la surprise aux lecteurs. Personnellement, je pense que les véritables qualités d'Undertale ne sont pas immédiatement évidentes et j'ai choisi pour ma part d'être relativement complet dans cette critique. Si vous préférez tout découvrir par vous même, je le comprend tout à fait. Dans ce cas, je vous conseillerai simplement d'arrêter votre lecture ici et de foncer jouer à la démo pour vous faire votre propre idée.

Note : Cet article a été publié à la base le 9 octobre 2015. Ayant joué beaucoup plus depuis, je me suis senti obligé de compléter cette critique pour y ajouter des précisions.

undertale-promo-art

Des combats originaux

Undertale est un RPG en 2D. On y dirige un humain tombé par accident dans un monde inconnu et rempli de monstres. Au lieu de les massacrer sans poser de question, le jeu nous propose à la place d'éviter le combat autant que possible. Vous allez-me dire que ce n'est pas spécialement original, mais pour une fois, le gameplay pour être pacifique est beaucoup plus intéressant que le système d'attaque.

En effet, les combats se déroulent au tour par tour et on alterne entre une phase d'action et une phase de défense. Lorsque c'est à notre tour de jouer, il est donc possible d'attaquer et de choisir la méthode violente si besoin, mais il est également possible de convaincre notre ennemi à renoncer au combat. Pour cela on passe par une sorte de mini jeu d'énigme dans lequel on doit comprendre les motivations et l'état d'esprit de nos adversaires et choisir les actions appropriées.

Par exemple, contre ce monstre à l'apparence de crapaud qui est très mal dans sa peau, il faudra le complimenter pour lui redonner le moral. A ce moment, le nom de l'ennemi passe en jaune et il est possible de l'épargner. Les actions disponibles changent à chaque adversaire et la variété est au rendez-vous et on ne combat pas le même ennemi très souvent.

Que les amateurs de massacres se rassurent, la méthode violente reste tout à fait viable et elle est même souvent plus simple. En effet, épargner un ennemi ne rapportent aucun EXP et terminer le jeu en étant pacifiste représente donc un certain défi. Heureusement, il est possible de terminer le jeu sans prendre un seul point de dégât...

L'art de l'esquive

Lorsque c'est au tour de l'adversaire, plutôt que d'encaisser bêtement les coups, il est possible d'esquiver absolument toutes les attaques grâce à autre mini-jeu. Pour faire simple, on dirige un coeur avec les flèches directionnelles et il faut éviter les projectiles adverses. Chaque type d'ennemi à ses propres attaques uniques, et ces petites phases de défenses sont donc très variées et plaisantes.

C'est dans ces moments que la véritable difficulté du jeu est présente, et il faudra parfois s'y reprendre à plusieurs fois pour apprendre les "patterns" des combats les plus difficiles. Certains ressemblent à une phase de shooter avec des projectiles plein l'écran, d'autres sont plus originaux et il faut très vite comprendre ce qu'il faut faire, à la manière d'un "WarioWare".

Mieux encore : ce système n'est pas déconnecté du reste du combat, il est souvent utilisé pour compléter la narration et refléter l'état mental des adversaires. Par exemple, si un monstre a perdu toute envie de combattre, ses projectiles vous être moins précis ou carrément atterrir à l’extérieur de la zone de jeu. D'autres fois, il faudra attraper un objet au lieu de l’esquiver, comme dans ce combat où le monstre vous demande de manger vos légumes. Il faut justement attraper le légume coloré pour lui faire plaisir et avoir la possibilité de mettre fin au combat.

Des personnages attachants

Si les combat sont intéressants, les personnages ne le sont pas moins, ils ont chacun leur personnalités et se révèlent très attachants. Les dialogues sont généralement plein d'humour mais surprennent parfois en changeant brutalement de ton. En tous les cas, l'univers est excellent et il est difficile de ne rien ressentir en jouant. On fini par s'attacher à tous ces "monstres" et terminer le jeu a quelque chose de déchirant.

Certains protagonistes sont particulièrement mémorable, comme Toriel, une gentille dame qui nous prend sous son aile comme si on était son enfant. Elle nous guidera au début du jeu dans une sorte de parodie de tutorial très drôle. Elle sera tellement inquiète pour notre sécurité qu'elle nous prendra par la main au lieu de vouloir nous laisser résoudre le premier puzzle impliquant des pics. Elle nous confie aussi un téléphone portable pour pouvoir nous appeler toutes les 5 minutes et s'assurer que tout va bien.

On croisera également 2 squelettes : "Papyrus", un adorable frimeur imbu de sa personne mais assez pathétique qu'il sera difficile de ne pas adorer au bout de quelques heures de jeux. Son frère, "Sans", est un incorrigible faignant prêt à tout pour en faire le moins possible, mais également quelqu'un de généreux et bienveillant.

Si je cite ces personnages en particulier, c'est parce qu'ils font partie des plus mémorables qu'il m'ait été donné de rencontrer dans un jeu. Ils arrivent à être parfois agaçants, d'autres fois sympathiques, voire même généreux. Pourtant ils ont aussi un coté menaçant et ils nous rappellent, parfois sans le faire exprès, que nous avons de la chance d'être encore en vie car ce monde est plus dangereux qu'il ne le laisse paraître.

Le système de moralité

Je dois vous avouer quelque chose... A la fin de ma première partie, je suis resté sur ma faim. Je avais passé un très bon moment mais je n'avais pas eu l'impression d'avoir joué à quelque chose d'exceptionnel. Seulement 6 heures de jeux, peu de puzzle, des combats assez faciles mis à part certains boss. Bref, j'étais un peu déçu !

Malgré tout, la fin du jeu m'a vraiment surpris et m'a bougrement donné envie d'en voir plus. J'ai donc recommencé l'aventure pour essayer de voir la fin "pacifiste". Je n'avais tué qu'un seul ennemi durant ma première partie et je ne pensais pas que ça serait très différent. Comme je me trompais !

Je me suis en effet rendu compte que je n'avais pas vu la moitié du jeu et que j'étais passé à coté d'une grosse partie de l'histoire. En effet, Undertale révèle toute sa richesse lorsqu'on y joue plusieurs fois et on peut se rendre compte de toutes les petites variations qui ont été prévues. De plus, la plupart des joueurs voient la fin neutre lors de la première partie et ça sera aussi l'occasion de tenter d'obtenir une fin "extrême".

Obtenir la fin "pacifiste" est en effet beaucoup moins évident qu'il n'y parait et il y beaucoup d'objectifs cachés pour l'obtenir. En récompense, la fin du jeu est beaucoup plus longue et très différente. C'est ici qu'on apprend le plus de chose sur l'histoire et le passé des personnages.

Une partie "génocide" est également très difficile à obtenir mais elle change énormément de choses dans le jeu. C'est également un mode de jeu vraiment plus déprimant que les autres et on peut se rendre compte à quel point Undertale s'adapte à nos choix moraux. La musique devient sinistre, les ennemis beaucoup moins amicaux et il n'est plus question de devenir ami avec eux ou de plaisanter.

En tous les cas, quelques soient vos choix, ils auront réellement des conséquences, plus que dans tout autre jeu et certains persistent même après un "reset". Ainsi, lors d'une nouvelle partie, certains personnages se "souviendront" de ce qui leur est arrivé dans une précédente partie et de nombreuses références y seront faites.

Des surprises

Si Undertale s'arrêtait à ça... il serait déjà l'un des meilleurs RPG auxquels j'ai joué !
Mais il ne se contente pas d'être un bon jeu et il dispose de véritables atouts qui l'amènent vraiment au dessus du lot.

J'en ai déjà parlé, mais Undertale est vraiment bourré d'humour, que ce soit dans l'absurdité des situations ou dans les dialogues. En tous les cas, j'ai rarement autant rigolé devant un jeu vidéo !

Undertale est également bourré de surprises et de petits gags. Le jeu s'amuse aussi énormément avec les codes du RPG et ne rate pas une occasion de tromper nos attentes. Par exemple, lorsque vous tentez d'utiliser l'option "vendre" chez un marchand, il vous enverra gentiment bouler en vous expliquant qu'il n'est pas la pour acheter tous vos vieux vêtements mais pour se faire de l'argent. Le 4e mur vole régulièrement en morceau de façon plutôt habile et certains dialogues surprennent car on ne sait plus trop si le jeu s'adresse à notre personnage ou à nous.

Pour terminer, il ne faudrait pas oublier de dire un mot sur la musique, qui est particulièrement entraînante et qui reste bien dans la tête. Toby Fox, l'unique développeur du jeu est en effet compositeur à la base et il nous a créé pas moins d'une centaine de morceaux excellents que vous pouvez retrouver sur son bandcamp.

Il ne fait aucun doute que Toby Fox a passé énormément de temps à développer ce jeu. J'ai déjà parlé de la rejouabilité et de toutes les variations qui existent dans les dialogues, mais le souci du détail est omniprésent. Après avoir joué une vingtaine d'heures, je suis allé voir un peu ce que j'avais pu rater sur le wiki et j'ai été absolument abasourdi par la quantité d'information cachée dans le jeu. Ça m'a fait le même effet que lorsque j'ai terminé Dark Souls, c'est pour dire.

Conclusion

Ce qui semblait n'être qu'un petit jeu sympathique est en fait un petit bijou bourré d'humour, plein de surprises, rempli de personnages attachants et accompagné par des musiques accrocheuses.

Bien qu'il ne soit (pour l'instant ?) disponible qu'en anglais, je le recommande très fortement. Au pire, vous pouvez juste essayer la démo pour vous faire une idée.

4 commentaires pour “Undertale

  1. Psikopathe dit :

    Un patch FR existe-il pour ce jeu ?
    (Oui je suis une teub en anglais et une feignasse d'aller tout traduire a chaque fois, surtout qu'il y a certaines boites de dialogue timées :c)

  2. Skritz dit :

    Malheureusement, je ne crois pas qu'il y ait de version française pour l'instant :(

  3. jsp dit :

    euh enft ya le jeu tout entiere ? ou je peut en jouer ? faut acheter ?

  4. Skritz dit :

    Oui, il faut l'acheter :)
    Par exemple sur Steam : http://store.steampowered.com/app/391540/

Laisser un commentaire