29 mars 2019

Catherine

Voila bien longtemps que j’espérais pouvoir tester ce jeu sur PC ! J'en ai beaucoup entendu parler et j'ai foncé dès qu'il est sorti.

Un jeu mature ?

Catherine un jeu qui aborde des questions matures. Mais lorsque l'on utilise ce terme pour parler d'un jeu vidéo, cela veut souvent dire qu'il y aura de la violence et du sexe car ce sont les symboles évidents de la maturité (sarcasme). Cependant, Catherine est un jeu PEGI 18 dans lequel il n'est pas question de violence, de drogue ou de guerre. Rien qu'en écrivant ça, on peut déjà ressentir une bouffée d'air frais qui a de quoi intriguer.

En revanche, pour le sexe il y en a mais je trouve que le marketing est relativement trompeur sur ce point. Je tiens donc à préciser que Catherine n'est pas un jeu de drague, ni même un jeu "sexy" et qu'il est même très sage dans son visuel tout comme dans ses textes.

Concernant le pitch, on nous propose d'incarner Vincent, un trentenaire à la vie monotone rongé par les incertitudes vis à vis de son couple. Il file en apparence un parfait amour avec Katherine, la femme de sa vie. Cependant, lorsque celle-ci commence à évoquer la possibilité d'un mariage prochain, Vincent se retrouve livré aux doutes et au stress liés à cet engagement.

Lui qui a l'habitude de traîner au bar avec ses amis et qui semble généralement nonchalant ne parvient pas à se projeter dans une vie de famille et a peur de perdre sa liberté. Comme si ça ne suffisait pas, c'est à ce moment qu'une inconnue lui tombe dans les bras. Elle est jeune, belle, séductrice et surtout insouciante...

En ce qui concerne le gameplay, il se décompose en 3 phases bien distinctes. On doit par moment assister à des cinématiques sous formes de film d'animation. Elles sont assez longues et ne proposent pas d'interaction. Viennent ensuite les soirées au bar qui nous proposent de nous promener librement et de discuter avec les personnages présents ou d'effectuer quelques choix en répondant notamment à des SMS. Enfin, nous avons les scènes de cauchemars, des séquences de puzzle qui sont loin d'être faciles, surtout vers la fin du jeu.

Des puzzles en caleçon

Commençons par aborder la grosse partie du jeu, les phases de puzzles. Elles consistent en des scènes d'actions en 3D dans lesquelles notre personnage doit pousser et tirer des blocs afin de former un escalier et progresser jusqu'au sommet. Les blocs ont une physique bien particulière qu'il faudra découvrir et apprendre à maîtriser et chaque chapitre propose des nouvelles mécaniques venant complexifier notre ascension.

Le principe est relativement simple et pourtant il faut apprendre beaucoup de techniques pour progresser et contourner au mieux les difficultés. Ce gameplay possède donc beaucoup de profondeur et je comprend tout à fait que l'on puisse aimer ces puzzles et que certains s'amusent à speedrunner le jeu.

Malgré ça, ces séquences sont vite devenues une corvée pour moi et j'avais juste hâte qu'elles se terminent pour découvrir la suite de l'histoire. Je ne sais pas si c'est à cause du rythme "action", de la maniabilité ou d'un manque d’intérêt pour la création d'escaliers. :)

Les contrôles sont en effet assez désagréables. Les directions sont par exemple inversées lorsqu'on se retrouve de l'autre côté et il m'est arrivé des dizaines de fois de tirer ou de pousser un bloc par erreur. Heureusement, il existe une touche permettant d'annuler les derniers mouvements effectués mais cela ne fonctionne pas si on fait un mouvement qui nous est fatal.

Malheureusement pour moi, ces séquences composent la majeur partie du jeu. De plus, la difficulté devient vite assez élevée et les derniers chapitres ainsi que certains boss posent de réels soucis, même en difficulté facile. Il faut donc garder à l'esprit que Catherine est tout autant un jeu de puzzle qu'un jeu narratif pour ne pas être déçu comme je l'ai été.

Des réflexions... limitées ?

Concernant l'histoire et les réflexions abordées, j'ai été vraiment déçu. Certes, le jeu est plutôt prenant et c'est la seule chose qui m'a donné envie de continuer malgré les scènes de puzzles. Cependant, même si je suis content que le thème soit original, ça ne veut pas dire qu'il est traité de façon intéressante pour autant. Catherine aborde certes des thèmes matures mais il le fait avec une vision très caricaturale et les choix proposés ne m'ont pas convaincus.

Du coup, je risque de spoiler un peu le jeu pour expliquer ce qui ne m'a pas plu. Ne lisez donc pas la suite si vous souhaitez découvrir l'histoire par vous même !

Tout d'abord, j'ai un gros soucis avec Vincent, le protagoniste principal. Il n'a aucun enthousiasme, aucune passion, il ne possède pas de qualités flagrantes… Sa vie semble être monotone et il ne fait rien pour l'améliorer. Il ne parvient à prendre aucune décision et il est absolument incapable de sortir une seule phrase sincère lorsqu'il parle à une femme.

Du coup, j'ai du mal à comprendre comment on peut ressentir de l'empathie pour lui et tout ce qui lui arrive m'a donc laissé complètement indifférent. Il passe son temps à mentir et les choix que l'on effectue ne sont absolument pas reflétés dans ses actions sauf vers la toute fin du jeu.

Et ces choix, parlons-en justement car j'ai trouvé qu'ils étaient orientés de façon très binaire et très limitée. Le jeu oppose en effet les concepts de l'ordre et du chaos et nos décisions nous pousseront vers l'un ou l'autre. Aussi, le mariage représente l'ordre, la stabilité mais également l'engagement et la fin de la liberté. De l'autre côté, le chaos représente l'indépendance, le plaisir et le danger.

Le jeu ne juge pas vraiment quel chemin nous décidons d'emprunter mais les questions posées m'ont souvent donné l'impression de devoir me prononcer entre 2 mauvais choix. La première est donc celle-ci : "est-ce que la vie commence ou s'arrête au mariage ?". Le ton est donné, on va ainsi découvrir que le mariage est un signe de stabilité mais également d'un ennui profond. Il faut croire qu'aucun couple n'a jamais divorcé et que l'on se marie forcément à une personne avec qui on ne prend aucun plaisir.

Est-ce que se marier avec la femme de sa vie serait une expérience ennuyeuse ? Doit-on se marier avec quelqu'un pour envisager une vie commune ? Est-ce qu'on est obligé d'avoir des enfants en étant marié ? Le jeu semble penser que la réponse à ces questions est évidemment oui, alors que pour moi, elle est évidement non.

Dans l'univers du jeu, il est apparemment impossible d'être en couple avec quelqu'un qui pourrait être une alliée ou une amie. Une compagne est donc forcément un obstacle nous empêchant d'accéder au vrai bonheur. Notez que j'écris au féminin car Catherine est également très centré sur la vision que l'homme est sensé avoir de la femme. Peut être que le jeu a mal vieilli ou vient d'une culture différente de la mienne. Peut être aussi que c'est moi qui ait un soucis et qui ait un vision des choses biaisée. En touts les cas, je ne peux pas m'empêcher d'avoir un sentiment très mitigé sur les réflexions apportées.

Pour ne rien arranger, l'histoire s'effondre totalement sur la fin. Il y a en effet une ambiguïté intéressante au départ. On ne sait pas si les cauchemars de Vincent sont réels ou si ils sont juste une manifestation de ses propres doutes. Le jeu va finir par apporter des réponses et le scénario m'a vraiment perdu à ce moment, lorsqu'il tentait de justifier tout ça. Je n'ai pas apprécié les twists à la fois prévisibles et décevants qui nous sont apportés et je pense que le histoire aurait gagné à être plus énigmatique.

Conclusion

Un jeu que j'attendais avec impatience et qui s'est révélé être une déception sur tous les points. Il mélange des puzzles qui ne m'ont pas plu avec une histoire interactive qui m'a laissé sur ma faim !

Cependant, Catherine aborde des thèmes rarement explorés par le jeu vidéo et propose quelque chose de très original. Cela vaut donc probablement le coup d'aller vous faire votre propre opinion car la mienne ne semble pas faire partie de la majorité !

1 commentaires pour “Catherine

  1. H
    hixeN` dit :

    Salut Skritz !

    Je comprends parfaitement les points que tu soulèves, je n'ai pas continué la lecture du test à cause du risque de spoil car je compte bien le faire dans sa version "Full Body" qui sortira en Septembre.

    Ce jeu a vraiment piqué ma curiosité, peut-être parce que c'est Atlus qui est derrière le projet et que certains traits renvoient directement à Persona 5.

    Je vais tout de même tenter l'expérience et merci pour ton retour.

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